Pervers narcissique, un artiste manipulateur
Manipulation & Communication Pervertie…
Où le pervers narcissique se révèle être un artiste manipulateur
« Chez un pervers, la domination est sournoise et niée. La soumission de l’autre ne suffit pas, il faut s’approprier sa substance. »
La violence perverse au quotidien – Marie-France Hirigoyen
Un individu pervers est constamment pervers; il est fixé dans ce mode de relation à l’autre et ne se remet en question à aucun moment. Même si sa perversité passe inaperçue un certain temps, elle s’exprimera dans chaque situation où il aura à s’engager et à reconnaître sa part de responsabilité, car il lui est impossible de se remettre en question.
Ces individus ne peuvent exister qu’en « cassant » quelqu’un : il leur faut rabaisser les autres pour acquérir une bonne estime de soi, et pas là même acquérir le pouvoir, car ils sont avides d’admiration et d’approbation.
Ils savent naturellement manipuler, ce qui semble un atout dans le monde des affaires ou de la politique. On les craint également car on sait instinctivement qu’il vaut mieux être avec eux que contre eux. C’est la loi du plus fort.
La perversité ne provient pas d’un trouble psychiatrique mais d’une froide rationalité combinée à une incapacité à considérer les autres comme des êtres humains. Un certain nombre de ces pervers commettent des actes délictueux pour lesquels ils sont jugés, mais la plupart usent de leur charme et de leurs facultés d’adaptation pour se frayer un chemin dans la société en laissant derrière eux des personnes blessées et des vies dévastées.
Ne pas nommer la perversion est un acte encore plus grave, puisque c’est alors laisser la victime démunie, agressée et agressable à merci.
Le premier acte de ces prédateurs consiste à paralyser leurs victimes pour les empêcher de se défendre. Une personne qui a subi une agression psychique telle que le harcèlement moral est réellement une victime, puisque son psychisme a été altéré de façon plus ou moins durable.
J’ai choisi délibérément d’utiliser les termes agresseur et agressé, car il s’agit d’une violence avérée, même si elle est occulte, qui tend à s’attaquer à l’identité de l’autre, et a lui retirer toute individualité. C’est un processus réel de destruction morale, qui peut conduire à la maladie mentale ou au suicide. Je garderai également la dénomination de « pervers », parce qu’elle renvoie clairement à la notion d’abus, comme c’est le cas avec tous les pervers. Cela débute par un abus de pouvoir, se poursuit par un abus narcissique au sens où l’autre perd toute estime de soi, et peut aboutir parfois à un abus sexuel.
De petits actes pervers sont si quotidiens qu’ils paraissent la norme. Cela commence par un simple manque de respect, du mensonge ou de la manipulation. Nous ne trouvons cela insupportable que si nous sommes atteints directement. Puis, si le groupe social dans lequel ces conduites apparaissent ne réagit pas, cela se transforme progressivement en conduites perverses avérées qui ont des conséquences graves sur la santé psychologique des victimes. N’étant pas sûres d’être entendues, celles-ci se taisent et souffrent en silence.
La difficulté des transcriptions cliniques réside dans le fait que chaque mot, chaque intonation, pris séparément, paraissent anodins, mais leur ensemble crée un processus destructeur. Cela ne les empêche pas de donner le change par ailleurs et de paraître tout à fait adaptés à la société.
Les agressions sont subtiles, il n’y a pas de traces tangibles et les témoins tendent à interpréter comme de simples relations conflictuelles ou passionnelles entre deux personnes caractérielles ce qui est une tentative violente de destruction morale et même physique de l’autre, parfois réussie.
Un individu narcissique impose son emprise pour retenir l’autre, mais il craint que l’autre ne soit trop proche, ne vienne m’envahir. Il s’agit donc de le maintenir dans une relation de dépendance ou même de propriété pour vérifier sa toute-puissance.
Le partenaire doit rester là pour être frustré en permanence; il faut en même temps l’empêcher de penser afin qu’il ne prenne pas conscience du processus. L’emprise est mise en place par un individu narcissique qui veut paralyser son partenaire en le mettant en position de flou et d’incertitude. Cela lui évite de s’engager dans une relation de couple qui lui fait peur.
Il la retient par un discours double…
La violence perverse apparaît dans les moments de crise quand un individu qui a des défenses perverses ne peut pas assumer la responsabilité d’un choix difficile. Parfois il ne s’agit pas d’un mouvement pervers transitoire, mais de la révélation d’une perversité jusqu’alors occultée. La haine qui était masquée apparaît au grand jour, très proche d’un délire de persécution. Pour que cela soit crédité, il faut disqualifier l’autre en le poussant à un comportement répréhensible. La victime aurait pu avoir une réaction violente devant cette trahison, auquel cas elle aurait été qualifiée de violente. Au contraire, elle s’effondre, et est considérée comme folle, dépressive. Dans tous les cas elle est en faute. Puisqu’elle ne se remet pas en faute par des réactions excessives, il ne reste que les insinuations et la médisance pour la disqualifier.
Les divorces d’avec un pervers narcissique, quel que soit celui qui est à l’initiative de la séparation, sont presque toujours violents et procéduriers. Les pervers maintiennent le lien par le biais des lettres recommandées, des avocats, de la justice. Plus la pulsion d’emprise est forte, plus grands sont le ressentiment et la colère.
Les victimes savent rarement utiliser la loi, alors que l’agresseur, étant très proche d’une structure paranoïaque, saura faire les procédures nécessaires.
Dans une manœuvre perverse, le but est de déstabiliser l’autre et de le faire douter de lui-même et des autres. Pour cela, tout est bon, les sous-entendus, le mensonge, les invraisemblances. Au début, elle (la victime) se justifie, puis elle se rend compte que plus elle se justifie, plus elle paraît coupable. A toutes les insinuations du persécuteur, il est impossible à la victime de répondre puisqu’elle ne sait pas à quoi il fait référence.
Seule la loi peut limiter la portée de la violence car le pervers narcissique tient à garder une apparence de légitimité.
Le refus de communication directe est l’arme absolue des pervers. La victime se trouve obligée de faire les demandes et les réponses et, s’avançant à découvert, évidemment commet des erreurs qui sont relevées par l’agresseur pour pointer la nullité de la victime. Le recours à des lettres recommandées agressives dans le sous-entendu ou l’allusion est une manœuvre habile pour déstabiliser sans trace. Il ne s’agit pas d’échange. C’est une agression unilatérale où l’agressé est empêché de réagir et de se défendre.
Un vrai pervers ne lâche jamais sa proie. Il est persuadé qu’il a raison, il n’a ni scrupule ni remords.
Cette situation ne résulte pas de malentendus consécutifs à une séparation passionnelle, mais d’un comportement pathologique de l’agresseur, qui entraîne chez la victime un comportement pathologique. Etant donné qu’il n’y a pas de dialogue possible entre eux, ils sont entraînés l’un et l’autre dans un cercle infernal, destructeur pour eux mais aussi pour les enfants.
Geneviève Schmit peut vous apporter un soutien psychologique si vous êtes confronté à ce problème.
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