Souffrance au travail

Vague de suicide à France Télécom. La souffrance au travail.

La vague de suicides liés aux souffrances du travail provoque dans l’opinion publique une émotion considérable.
Pour la première fois il y a association entre suicide, travail et le type de management pratiqué dans l’entreprise.
L’écho et le poids de ces drames nous renvoient à notre propre souffrance et au lien qu’il y a entre travail et altération de la santé.

Notre cabinet de thérapies brèves reçoit tous les jours et de plus en plus de salariés stressés, anxieux, et déprimés.

Nous constatons que le phénomène ne fait que s’amplifier. Nous sommes placés en première ligne pour apporter une écoute, un soutien psychologique, et une thérapie adaptée.

La souffrance au travail n’est plus celle liée aux cadences infernales des usines d’il y a trente ans. Il suffisait à l’époque d’exprimer le mécontentement en décrétant un débrayage et cela suffisait pour éviter l’ulcère à l’estomac.
Nous assistons aujourd’hui à une mutation concernant l’évaluation du travail qui est une véritable évaluation identitaire.
La logique implacable de management pratiqué aussi bien dans le privé que dans le publique provoque un effondrement psychique des salariés.

Le dialogue que nous avons avec nos patients tous les jours nous alerte sur le harcèlement stratégique et structuré par les méthodes de management.

Afin d’augmenter la productivité il y a une intensification et densification du travail. La mise en place de contrats d’objectifs justifie la rémunération en fonction des performances. La volonté de faire disparaître les espaces de respiration, de mettre les salariés en concurrence, provoque une individualisation et un isolement désastreux. Nous ne somme pas étonnés de voir nos patients ayant un grave problème d’accoutumance aux somnifères et aux anti dépresseurs.

Il y a un déni systématique pour le travail collectif et la coopération. Nous sommes stupéfaits devant la perte de sens et la peur de ne pas y arriver qu’expriment tous ceux qui viennent chercher un soutien psychologique.
Devant la charge de travail il y a une honte de ne pas pouvoir faire à ce qui est demandé, ce qui entraine une culpabilité difficile à gérer.

La déstabilisation ne peut que s’amplifier quand on impose des changement d’organisation fréquents, une mobilité géographique, un changement de métier.
L’atteinte à la vie privée n’est plus dissociable des nuisances du travail. La thérapie s’impose pour réconcilier la personne au travail dans tous les cas.

Tant qu’il y aura cette obsession pour l’augmentation de productivité, la logique d’isolement du salarié pour atteindre ce but se perpétuera.
Souvent nous sommes faces à des gens qui ne supportent plus la pression, le stress et qui préfèrent démissionner pour éviter le drame. Nous offrons un suivi et un accompagnement afin de libérer nos patients du stress qui leur parait trop souvent insurmontable.

Il faudra repenser la question du travail, la méthode de management, la recherche de productivité à tous prix pour défendre la dignité du salarié.


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